Avide d'aventure livresque

  • Elline

Catherine Morland, l'Abbaye de Northanger


Catherine Morland est la quatrième d’une famille de dix enfants, elle vit avec la majorité de ces frères et sœurs dans le Presbytère de Fullerton, leur père en étant le révérend.

Elle vit une enfance heureuse, mais qui cause quelques soucis à ses parents. Catherine est un peu trop garçon manqué et n’a pas de don pour les arts que pratiquent habituellement les jeunes filles.

Mais l’adolescence arrive, et le papillon sort de son cocon. C’est alors que la jeune et naïve Catherine Morland est invitée par monsieur et madame Allen pour passer quelques semaines de détente et de frivolité à Bath. Elle va alors faire son entrée dans la bonne société avec ces chaperons, mais surtout se lier d’amitié avec Isabelle Thorpe et son frère John, aux manières parfois grossières.

Elle y rencontre également les charmants Tilney, Eléonor et Henry dont le charme, l’élégance, et la droiture la séduise rapidement.

Mais notre héroïne va vivre bien des émotions, devoir faire des choix dans ces amitiés et être soumise à son imagination débordante lorsque le père d’Henry l’invite à passer quelques jours dans leur mystérieuse abbaye gothique de Northanger Abbey.

Une héroïne en devenir

Catherine Morland, commence à devenir une héroïne vers l’âge de 15 ans. L’auteur nous dit que malgré tous ces défauts, c’est lorsqu’elle s’est plongé dans la lecture que la transformation de son âme et de son physique intervient.

C'est avant tout l’humour, la légèreté présente dans le récit, qui reflète bien le caractère de Catherine, indépendant, doux, candide, sympathique qui en même temps essaye de comprendre le monde qui l’entoure.

Jane Austen, insiste beaucoup sur le fait que Catherine est une héroïne en devenir, elle met en avant son goût pour la lecture (principalement les romans gothiques, comme « les Mystères d'Udolphe, d’Ann Radcliff »). Mais ces lectures mêlant amour, surnaturelle et manigances, vont un peu trop enflammer l’imagination de la jeune femme et la mettre dans des situations délicates, ce qui entre nous est plus drôle qu’effrayant. Outre la lecture, le fait que Catherine voyage à Bath sans sa famille, bien que chaperonné par Monsieur et Madame Allen, sont des éléments qui, pour l’auteur, annonce l’apparition d’une héroïne.

C'est intéressant pour une fois de nous décrire le parcours d'une jeune fille qui va apprendre la vie ,en quelques sortes, prendre en sagesse, apprendre de ces erreurs. On la voie vraiment évoluer dans ces sentiments, ces réflexions petit à petit.

Apprentissage de la bonne société

La situation de ses parents ne l’a jamais amené à côtoyer des jeunes hommes, où à comprendre et reconnaître les bons et les mauvais comportements en société. Bref, tout cela va lui jouer des tours (pour notre plus grand plaisir). Les premières soirées à Bath vont être l’occasion pour elle dans apprendre plus sur les gens, même si au départ elle se laisse facilement berner.

Son côté rêveur fait qu’elle embellie un peu trop les choses. Mais au fil du roman sa perception va s’affiner, car comme pour la majorité des héroïnes austenienne, se sont ses erreurs qui vont lui montrer le bon chemin à suivre. Lors de ses soirées, elle fait la connaissance d’Isabelle Thorpe et de son frère.

Son amie vive et insouciante lui montre les ficelles de la bonne société. Mais dès le début, les manières grossières de son frère la rebutent totalement, il ment, prend des décisions à sa place, ne se comporte pas correctement. Elle y fait également la rencontre d’Eleanor et Henry Tilney, l’exact opposé des Thorpe. C’est alors que la perspicacité, mais en même temps la naïveté de Catherine va entrer en jeu.

Elle va parfois se tromper sur les intentions et l’affection que lui porte ces amis, et parfois son instinct est excellent et lui révèle la vraie nature des êtres en face d’elle. Elle apprendra beaucoup de choses à Bath, mais également lors de son séjour à Nothanger Abbey, ou son imagination va la guider vers des scénarios qui la feront rougir de honte, mais qui finiront par affirmer et embellir son caractère.

Un style de narration plus léger et drôle

Comme dans les autres récits de l’auteur, la jeune fille est issue de la bonne société, mais avec des revenus modestes et néanmoins suffisants pour être invitée dans les bals voisins ou faire quelques séjours à Bath.

Par rapports aux autres récits, l’amour inconditionnel des parents de Catherine, le côté romanesque des aventures qu’elle va bientôt vivre, donne une ambiance assez légère et qui suscite notre curiosité de lecteur. Le ton de ce roman est assez particulier, il se lit beaucoup plus facilement, il a un côté assez moderne, bref je l’ai dévoré. On y décèle dans la narration une forme d’humour, de caricature des personnages.

On repère cela avec la présentation que l’auteur nous fait de son personnage principal : une jeune fille sans beauté particulière, garçon manqué, qui n’a aucun talent particulier et qui n’est pas doué dans les études et l’apprentissage des langues étrangères. Cela est également visible, lorsqu’elle compare avec humour la vision que l’on peut avoir d’une héroïne de « romance typique » (belle, polie, vertueuse, habile de ses mains, sachant converser et joue d’un instrument) et de son personnage principal, dont les « qualités » font à peine d’elle une jeune fille convenable, on est très loin d’Elisabeth Bennet, ou des Miss Dashwood.

Contrairement à ces romans plus connût, avec Catherine Morland, Jane Austen nous prépare à rencontrer une jeune fille un peu naïve, qui va découvrir la vie, la bonne société et par la suite, se transformer en héroïne de roman d’amour. Elle va d’ailleurs construire son histoire de manière romanesque, comme si elle essayait de se moquer des romans gothiques de l’époque. Ce parallèle et le ton familier qu’elle emploie parfois peu nous déstabiliser (surtout, quand on est habitué du style austenien). Mais l’approche est beaucoup plus amusante et tout en mettant en avant les bonnes valeurs et en apportant des mises en garde contre des comportements non approprié.

P.S. petite anecdote pour vous le style de narration si particulier, est dû au fait que ce roman bien que paru après sa mort, est le premier que Jane Austen est écrit.

Donc une histoire à la narration drôle et légère, une héroïne qui apprend la vie avec candeur et imagination, un brin de moralité et de rappel des vertus et vices de la société de son époque. Ce Jane Austen va vous séduire par sa saveur particulière, Un 10/10 est amplement mérité.

Catherine Morland, Jane Austen, Bibliothèque électronique du Québec,1818

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